satellite

Segment sol

Pour gérer les opérations à distance du satellite et analyser la quantité de données considérable que vont générer les deux instruments, il est indispensable de développer des outils sur Terre : le segment sol. Sur Euclid, l’ampleur des données et la précision des résultats requises rendent la tâche extrêmement complexe !

Le
segment sol

Un indispensable
de toute mission
spatiale

Si l’on cherche à comprendre comment fonctionne une expérience qui se déroule dans l’espace profond, développer un segment sol est un aspect fondamental. En effet, contrairement aux expériences de laboratoires, les scientifiques ne peuvent pas accompagner les appareils en vol pour recueillir les mesures. Ainsi le segment sol est ce qui est mis en place sur Terre dans les laboratoires et les centres de traitement de données, pour que les appareils que nous envoyons dans l’espace accomplissent leur mission.

Certaines fonctions « opérationnelles », sont communes aux segments sol de mission bien différentes : les communications avec le satellite, la définition et l’exécution des procédures servant à vérifier le bon fonctionnement de l’expérience. Outre ces fonctions, une grande partie est consacrée au développement des systèmes d’analyse de données. En effet, lorsque l’on construit une expérience dans un but scientifique donné, ici élucider la nature de l’Énergie Noire, la mesure que produit le dispositif expérimental n’est que très rarement directement liée à la question posée. Il y a donc un long processus de traitement des mesures à mettre en œuvre pour extraire les informations que les scientifiques du monde entier exploiteront. C’est donc le rôle principal des équipes du segment sol « scientifique » d’Euclid (ou Science Ground Segment, souvent abrévié SGS) : développer les algorithmes qui permettront de passer des images et des spectres de galaxies mesurés par les instruments aux contraintes sur l’Énergie Noire.

Sa particularité

Une complexité
et une ambition
inégalées

Bien qu’il semble être une composante classique d’une mission spatiale, le segment sol d’Euclid se distingue de ceux d’autres missions de plusieurs façons. Tout d’abord, par l’ambition des systèmes d’analyse développés. Les signaux que recherche Euclid sont extrêmement ténus, masqués par d’autres signaux bien plus puissants, et peuvent être modifiés par de minuscules erreurs d’analyse. Les traitements effectués sur les données sont donc très complexes, et font l’objet d’un contrôle permanent impliquant de vérifications minutieuses durant toute la mission. Pour cela, le segment sol réunit un grand nombre de compétences, tant pour l’invention des méthodes que pour le développement des systèmes qui permettront d’exécuter les codes de traitement. Une seconde complexité d’Euclid réside dans la coordination des équipes distribuées de l’Europe aux États-Unis. Enfin Euclid est une longue expérience : la mission va durer 6 ans et produire plus d’un Téraoctet de données par jour qu’il faudra traiter quotidiennement pour valider les stratégies de mesures, pour vérifier que nous construisons bien le relevé du ciel dont nous avons besoin. En effet, à la précision des images et des spectres à laquelle Euclid travaille, il nous faudra ces 6 ans pour couvrir tout le ciel, et il n’est pas question de se tromper de stratégie. Nous avons donc aussi des objectifs de performance de nos systèmes, et c’est pour cela que le segment sol d’Euclid est adossé à de grands centres de calcul internationaux.

Carte des centres de calcul impliqués sur le projet Euclid